Pro Hispania
Association Suisse des Églises Protestantes

Compte rendu du 78 e Synode de la IEE

Vous aurez traduit : 78e Synode général de l’Eglise Evangélique réformée d’Espagne

Alicante , du jeudi 31 octobre au dimanche 3 novembre 2019

Introduction

Alicante, un grand ciel bleu, une température idéale (après les canicules à 40 °), un soleil agréable, une banlieue d’Alicante, Playa San Juan, un hôtel accueillant  à 600 m. de la mer : bref, des vacances ?

Non, nous sommes là comme  invités au 78e Synode  de l’ IEE. Cette Eglise fête son 150e anniversaire. Représentants de Pro Hispania, nous ne sommes pas les seuls invités étrangers. Venus d’Allemagne, de Hollande, d’Angleterre, de Suisse ; nous avons retrouvé une déléguée genevoise de la CEPPLE (Conférence des Eglises protestantes des Pays latins  d’Europe).

Les membres officiels  du Synode sont les délégués des sept presbytères (nous dirions « régions ») couvrant l’ensemble du territoire espagnol, îles comprise , ainsi que les responsables des Départements et des diverses institutions liées à l’IEE ,les Services sociaux des différents presbytères, la Faculté de théologie (SEUT) et la Fondation Fliedner (ces différents organismes sont régulièrement cités dans l’Etoile du Matin). En tout environ 80 personnes, mais 52 avec droit de vote.

Le Synode s’est déroulé dans une ambiance familiale, les propositions ont presque toutes été acceptées à l’unanimité, avec une ou deux abstentions, mais très peu de voix opposées !

Ce qui n’est pas le cas de tous les Synodes !

Quelques éléments de ces journées

Synode était « Proclamer l’espérance » ( Esaïe 40 . 1-11).

« Comment proclamer l’espérance aujourd’hui dans notre monde ? » C’était déjà une proclamation incroyable au temps d’Esaïe ! Après l’invasion babylonienne, l’exil, l’humiliation de la défaite pour Israël. Mais Dieu promet la restauration et la consolation : un message urgent dans uns société désintégrée, très semblable à la nôtre ! Dieu se présente comme un berger au milieu d’un peuple sans espérance. C’est lui qui ouvre un chemin d’espérance, ce n’est pas la réalisation des hommes ou de l’Eglise, mais c’est notre responsabilité de le proclamer.

(Quelques extraits)

Nous avons choisi un verbe à l’infinitif (proclamer), dont nous ne tenons ni le temps, ni la personne, ni le nombre, mais qui indique le moment où se réalise cette action. Nous avons choisi le terme espérance, parce que c’est le moteur qui caractérise toute la tâche de notre Eglise quand nous  regardons l’avenir.

Jean Calvin dans l’Institution chrétienne propose que la préparation du chemin du Seigneur soit l’affaire de toute la vie du chrétien. Le protestantisme est un mouvement d’émancipation en faveur de la liberté, sous la seule soumission à Dieu. L’éthique calviniste est une éthique de la responsabilité sans médiation.

Nous avons à chercher à voir avec les yeux de Dieu, sentir avec le cœur de Dieu et proclamer l’espérance en l’humanité de Jésus-Christ, l’incarnation   du « Serviteur souffrant » (d’Esaïe) par la blessure duquel nous avons été guéris. Que cette guérison nous permette aujourd’hui d’être une Eglise qui souffre avec ceux qui souffrent, mais libératrice et prophétique ».

Le numéro 3 de 2019 cite, en espagnol bien sûr, le texte du président de Pro Hispania, « lettre ouverte aux protestants d’Espagne » paru dans le numéro 359 de l’Etoile du Matin (p.7)

Chaque presbytère, chaque service social établit ses propres comptes ; deux presbytères sont  bénéficiaires, les cinq autres déficitaires.

La situation de la caisse centrale est très délicate, avec encore six pasteurs retraités et huit veuves victimes  du franquisme et totalement à sa charge. Certains presbytères ont dû vendre des immeubles ou regrouper leurs activités.

L’aide externe a diminué entre 2017 et 2018. Par contre la générosité des membres

(et l’économie en général ?)  s’est accrue. L’objectif est de maintenir les missions et l’action sociale, très importante dans les presbytères, malgré la fragilité de la

situation financière .

Venant souvent dans la région, nous connaissions bien le staff d’organisation du Synode, la paroisse du Christ à Alicante, qui est notre paroisse pendant les vacances. Ce fut très sympathique de revoir les pasteurs, la présidente du Conseil paroissial, le pianiste du culte d’ouverture (et de clôture), quelques membres de la communauté.

Plusieurs éléments ont provoqué notre admiration :

                                                                                     Sylvette et Guy Delessert