Pro Hispania
Association Suisse des Églises Protestantes

Neurosciences et théologie

« Cristianismo protestante », 11 mars 2015, atelier théologique

Le 24 janvier 2015 a eu lieu un atelier théologique bref, sous la responsabilité de Montse Escribano, professeure associée à l’Institut Supérieur de Sciences Religieuses de Valence. La journée a débuté sur la question de savoir où se trouve notre conscience. Traditionnellement nous pensons à Dieu en lien avec le cœur, mais en réalité avec quelle partie du corps pensons-nous à Dieu ? La neurothéologie essaye de répondre à ces questions en concentrant notre attention sur le cerveau. Avec l’avance des neurosciences et les progrès scientifiques de ces dernières années, nous sommes en mesure d’avoir une idée plus précise de ce qui se produit dans notre cerveau et, pour mieux le comprendre, Montse nous invita à nous plonger dans la structure morphologique de celui-ci.

Rappelons que les unités basiques de notre tissu nerveux sont les neurones, lesquels sont connectés entre eux par des signaux électriques et chimiques dans un espace « vide », sans que se produise un contact physique entre eux. Ces connexions se nomment les « synapses » et ce sont elles qui font de notre cerveau un ensemble très complexe et en même temps un organe fascinant qui nous définit comme des êtres uniques et non reproductibles. Dans cette merveilleuse et surprenante forme de communication, sans la médiation du contact physique entre les neurones, nous pouvons établir un parallélisme avec la manière selon laquelle Dieu entre en communication avec nous. Dans un espace « vide », sans que nous puissions le toucher ni le voir physiquement, quand nous sommes en communication avec Dieu, nous sentons que tout est comme une fluidité et que tout change à la fois. Dans ce processus vital et dynamique—et c’est en cela que nous sommes en perpétuel changement—nous sommes les canaux à travers lesquels Dieu démontre son Etre véritable en nous.

Nous pouvons observer en plus que les neurones ne sont pas seuls dans le cerveau. Il existe d’autres cellules apparemment sans importance, nommées « glias », auxquelles traditionnellement on n’attribuait aucun rôle important, mais auxquelles actuellement on reconnaît qu’elles ont une fonction fondamentale dans le soutien des neurones, de manière à faciliter les communications entre eux, en contribuant décisivement au bon fonctionnement de l’ensemble. Cette imagerie nous donne une assise pour penser à la question de savoir ce qu’est le soutien de notre vie. Apparemment, ce sont souvent des personnes insignifiantes  et sans importance qui facilitent nos interrelations avec notre entourage, qui font que tout soit fluide autour de nous et qui en définitive sont les piliers de notre existence tant au plan individuel que collectif. Il en va de même pour les neurones dans le cerveau ; nous sommes des êtres interdépendants, ayant besoin les uns des autres, nourris de la source d’énergie et de la richesse qu’est le souffle de Dieu en nous et à travers nous.

Dans cette perspective, subsistent des questions qui invitent à la réflexion et à l’approfondissement le sujet : Qu’est-ce qu’un être humain en réalité ? Qu’est-ce qui nous caractérise et nous distingue comme êtres humains ? Devons-nous repenser l’idée de Dieu à la lumière des nouvelles découvertes des neurosciences et à partir de la liberté qui nous caractérise ? Que signifie être libre ? Le sommes-nous en réalité ? Où se trouve l’âme ? A quoi nous référons-nous avec le terme « d’âme » ? Sommes-nous des êtres comprenant une dimension transcendantale ?

Sans aucun doute, la matière est vaste pour d’autres prochains atelier