Pro Hispania
Association Suisse des Églises Protestantes

La colère de Dieu est créatrice de justice

Source : Lupa protestante, 2 février 2021, Ignacio Simal

Parfois les Psaumes me deviennent étrangers quand je les lis et médite depuis le Messie Jésus. Aujourd’hui, je lisais : « Qui reconnaît la force de ta colère et ton courroux selon la crainte qui t’est due ? » (Ps. 90:11). Je suis resté pensif et amené à la méditation. Je n’ai pas connu la puissance de la colère de Dieu, mais j’ai connu la puissance de son amour manifesté dans la vie-mort-résurrection du Christ. Il m’a séduit, et il continue à me séduire par la puissance transformatrice de l’amour de Dieu. L’expérience de son amour me donne la grâce de la sécurité et de la confiance pour affronter les défis quotidiens sans craintes irrationnelles.

Cependant, comme une flèche, un texte vint à mon esprit qui affirme que « la colère humaine ne construit pas la justice de Dieu » (Jacques 1:20), et par contraste, un contraste nourri par toutes les Écritures, cela me conduisit à affirmer que la colère de Dieu est créatrice de justice.

Dieu est en colère, indigné quand il observe les fractures de notre monde. Paul a écrit : « La colère de Dieu est révélée du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes, qui restreignent injustement la vérité » (Romains 1:18). Cette colère, cette indignation, se transforme en puissance de salut à travers l’Évangile, à travers la vie-mort-résurrection de Jésus de Nazareth. Salut qui s’incarne en ouvrant une brèche dans l’Empire-monde, et en créant, en son sein, des espaces de justice contre le courant de ce monde.

Notre colère, purifiée par l’Esprit de Dieu, se transforme en lutte militante pour un autre monde que nous croyons possible : le Règne de Dieu. La colère divine est créatrice de justice et de salut. La colère divine, toujours momentanée, ouvre la porte à la bonté, à la miséricorde et au pardon. Et la nôtre aussi.

Dieu, en Jésus, a entendu le cri des affligés à cause de l’injustice et du manque d’équité. Il a fait l’expérience de la colère face à ce qu’il voyait et il a décidé, dans sa miséricorde, de participer à notre humanité et à notre affliction afin d’ouvrir, je le répète, une brèche dans notre monde, et de créer les conditions permettant au nouveau monde de s’insérer dans l’ancien. Il apporte le nouveau monde, pas nous. C’est de lui que vient l’initiative, pas la nôtre. Il nous ressuscite à un mode d’existence alternatif, pas nous-mêmes.

Alors seulement alors, j’ai compris que connaître la colère de Dieu, c’est connaître sa justice. Que connaître sa colère, c’est nous introduire dans le respect de sa personne. Un respect qui n’est pas produit par la peur, mais par l’admiration de la cohérence de sa justice. Une justice en faveur, toujours en faveur, de l’être humain.

Et parce qu’il est en faveur de l’être humain, en particulier envers les plus défavorisés de l’Empire-monde, il exprimera sa colère sous forme de justice en rabaissant « l’esprit des princes » de ce monde. Et Il est redoutable pour les rois de la terre ! (Ps. 76:12). Il nous confortera en ce jour où il apportera son royaume. C’est pourquoi nous faisons nôtre le cri de nombreux frères et sœurs de tous les temps, et nous crions : Seigneur, viens bientôt, et avec toi, notre revendication face aux puissances de l’Empire-monde. Soli Deo Gloria.

Ignacio Simal est pasteur de l’Eglise  protestante de Béthel-St. Paul à Barcelone (51, rue Aragon ?). Il est le fondateur de « Lupa protestante » (2005), membre de l’Association des théologiens Jean XXIII et du Forum catalan « Teologia i Alliberament ».