Pro Hispania
Association Suisse des Églises Protestantes

Chrétiens : nous sommes appelés à proclamer un message

Ignacio Simal Camps, Cristianismo protestante, mars 2015

Or, comment l’invoqueraient-ils, sans avoir cru en lui ? Et comment croiraient-ils en lui, sans l’avoir entendu ? Et l’entendraient-ils, si personne ne le proclame ? Et comment le proclamer, sans être envoyé ? Aussi est-il écrit : « Qu’ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent de bonnes nouvelles » !                        

(Romains 10 : 14-15)

Non seulement je tolère, sinon que je respecte et maintiens mes oreilles et mon esprit ouverts quand je dialogue et partage avec des personnes qui ont en commun avec moi la foi en Dieu, même si nous ne croyons pas de la même manière avec les mêmes références. Ce qui nous unit définitivement est la tâche ardue de collaborer en plaçant pierre après pierre dans la construction d’un monde meilleur.

Cela étant dit, je dois aussi ajouter que « mes pieds » se mettent en mouvement afin d’annoncer des bonnes nouvelles. Nous ne pouvons pas laisser de côté, en tant que chrétiens, que nous sommes envoyés pour proclamer un message. Un message qui a pour centre Jésus de Nazareth. Ce grand inconnu pour tant de gens qui habitent notre monde. Et si d’aventure ils le connaissent, ils connaissent un Christ caricaturé, manipulé par notre mauvaise manière d’agir et notre mauvaise communication. C’est la grande coulpe qui pèse sur ceux et celles qui tentent du suivre le Galiléen.

Nous devons nous centrer sur deux points au moment d’annoncer des bonnes nouvelles : 1, nous en remettre, sans sauter une virgule, à ces anciennes confessions de foi sur Jésus de Nazareth que nous appelons « Evangiles », et, 2, mettre au diapason notre existence comme faisant partie de la Communauté des chrétiens, de l’ensemble de celles et ceux qui sont désignés par les textes confessionnels comme étant sur le chemin de la foi. Ce que nous pouvons dire au-delà des textes ne sont souvent que des ajouts qui peuvent faire s’évanouir la puissante figure de Jésus et de sa prédication, comme ce fut le cas au fil de l’histoire.

La force du message capable de récréer notre vieux monde se fonde dans le langage de la croix, et non sur notre sagesse propre et notre bien faire. Car l’humanité, dont nous sommes participants, …n’a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient (I Corinthiens 1 : 21). Certains demandent des signes, d’autres la sagesse, mais nous, nous prêchons un Messie crucifié…(I Corinthiens 1 : 23), avec tout ce que cela implique, scandale et folie pour certains.

Fondamentalement notre « folie » consiste à proclamer un Dieu qui nous réconciliés avec lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation. Car de toute façon, c’était Dieu qui en Christ réconciliait le monde avec lui-même, ne mettant pas leurs fautes au compte des hommes, et mettant en nous la parole de réconciliation. C’est au nom du Christ que nous sommes en ambassade, et par nous, c’est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous en supplions, laissez-vous réconcilier avec Dieu.

Le message que nous proclamons est que Dieu, en Christ-Jésus, nous a réconciliés avec lui-même ; et alors le pas suivant est de laisser ce message de réconciliation pénétrer au plus profond des hommes et des femmes avec lesquelles nous vivons. A partir de là, un nouvel horizon s’ouvre devant nous et nous nous ouvrons à ce nouvel horizon. De là « nos pieds » se mettent en mouvement afin de proclamer cette bonne nouvelle.

Soli Deo Gloria

Ignacio Simal

Ignacio Simal est directeur de Cristianismo protestante, pasteur et directeur du Département de la communication de la IEE (Eglise Evangélique/Réformée Espagnole).