Pro Hispania
Association Suisse des Églises Protestantes

Information de la Commission Permanente

Source : InfoCP 112, juin-septembre 2020

Avertissement du traducteur : concernant les faits ou les activités signalés dans ce bulletin d’information, pour certains il faut tenir compte du décalage entre le moment de parution en Espagne et la parution de l’Etoile du Matin pour les lecteurs francophones. Mais il sera intéressant pour le lecteur de langue française de voir l’évolution entre l’InfoCP 112 (juin-septembre) et l’InfoCP 113 (septembre-novembre), compte tenu de la pandémie.

Gratitude et conseil

La gratitude transforme le supplice du souvenir en une douce allégresse. Nous portons en nous-mêmes la beauté du passé, non comme une épine, mais comme un précieux cadeau.

Dietrich Bonhoeffer

Une des premières limitations auxquelles nous sommes confrontés comme Eglise face à la pandémie fut de ne pas pouvoir accompagner les personnes en fin de vie, ni les familles confrontées au deuil. Nous fûmes attentifs à faire tout notre possible pour faciliter l’aide et le soulagement auxquels l’Evangile nous appelle, sans jamais atteindre la bénédiction espérée de pouvoir être auprès de celles et ceux qui traversaient des moments si difficiles. Il n’est pas difficile que dans de telles conditions le souvenir se convertisse en supplice, comme le signalait Bonhoeffer, et ce dont nous avons besoin est de suivre son invitation de continuer à donner de la place à la gratitude. Gratitude pour la vie des personnes que nous avons perdues, pour leurs dons et les cadeaux de leur compagnie, pour tout ce que nous avons appris et la mémoire qu’ils ont gravée en nous.

Au moment de faire paraître ce bulletin nous voulons penser aux familles qui ont souffert la perte d’êtres chers. Nous nous sommes unis à l’acte de mémoire de l’Alliance évangélique du 14 juin, et nous avons facilité les moyens pour que les personnes et les familles puissent prendre congé de leurs proches dans la foi et dans la confiance. Nous plaçons nos cœurs et notre prière dans l’espérance qu’ils puissent suivre un nouveau chemin sans que la perte ne se convertisse en supplice et qu’ils soient en mesure de faire place à la gratitude.

Notre espérance à votre égard est ferme, car nous savons que, ainsi que nous sommes compagnons dans les afflictions, nous le sommes également dans la consolation.

II Corinthiens 1 :7

Communautés, pasteurs, familles proches ont une grande tâche en vue d’aider les personnes qui ont été touchées par la perte d’êtres chers en cette période de pandémie. Bonhoeffer soulignait le précieux cadeau que constitue le passé si nous le voyons avec gratitude. De la même manière l’apôtre Paul affirme avec force aux Corinthiens l’importance de son espérance. Nous avons subi ensemble des afflictions et nous avons à suivre ensemble le chemin de la consolation.

Nos premières paroles sont donc pour celles et ceux qui ont expérimenté la perte d’êtres chers. Je pense en particulier à une de nos sœurs qui a perdu sa mère pour cause du virus, après une lutte titanesque, car elle mit toute son énergie à soutenir sa mère. Je pense encore à un ami qui a perdu son père, une des premières victimes de cette pandémie dans un village de la région de Madrid ; je fus saisi de voir à quel point il était en capacité de mettre en lumière tout ce qui avait été beau et grand dans la vie son père, et comme il minimisait les contrariétés dues à la crainte de la contagion. Il est certain que beaucoup d’entre vous accumulez de nombreuses expériences positives et que vous aurez l’occasion d’accompagner d’autres personnes qui affrontent leur deuil avec le déficit provoqué par la distanciation sociale que nous connaissons. La Commission Permanente vous encourage et vous accompagne dans la prière, avec espérance et notre foi en la Résurrection, principale source de consolation.

Comme Eglise nous avons subi des pertes dans cette période, non seulement des personnes ou des proches, mais nous avons aussi été mis en demeure de donner du temps pour soigner, confrontés à des liens affaiblis, tandis que d’autres – grâce à Dieu – se sont fortifiés et ont cru. Nous assumons le défi d’être reconnaissants pour tout ce que nous avons appris des autres et de ce que nous avons vécu, et nous nourrissons notre espérance de reconnaissance. Cela est notre histoire y compris à travers les pires vicissitudes. Toujours l’Eternel nous accompagna et sa fidélité est inébranlable.

Pasteur Alfredo Abad

Président de la Commission Permanente de la IEE

Unis dans l’espérance

Célébration conjointe de la IEE

Nous avons vu diminuer la majorité de nos activités qui faisaient partie de notre vie quotidienne. Au milieu de cette situation nous pouvons rendre grâces à Dieu pour les moyens de communication que nous avons à notre disposition et qui nous ont permis de suppléer dans une certaine mesure aux carences que notre Eglise a dû subir pendant le confinement. Nous valorisons très positivement les différentes initiatives prises au sein des communautés locales afin que l’on puisse continuer à participer aux cultes dominicaux, aux études bibliques, aux réflexions et aux moments de prière qui nous ont accompagnés pendant cette période compliquée.

Nous pensons notamment à la célébration unie qui a eu lieu le dimanche 10 mai. Nous sommes reconnaissants pour toutes les participations et les aides techniques reçues en vue de la préparation de cet événement ; ce fut une joie de pouvoir compter sur les pasteurs et pasteures des différents presbytères (régions ecclésiastiques) et sur la collaboration de nombreuses personnes qui rendirent possible cette rencontre virtuelle dans un temps de distanciation sociale.

Nous avons pu nous sentir unis dans la famille ecclésiale que nous constituons, laquelle est très importante dans les moments actuels. Les nouveaux moyens de communications nous permettent de joindre des personnes que peut-être nous rencontrons régulièrement lors du culte, mais qui souhaitent voir et écouter ce que nous mettons en commun au travers des différents réseaux et canaux disponibles. Nous espérons que bientôt les églises pourront retrouver leur rythme normal de vie. Peut-être que cette crise nous a fait réfléchir, parmi d’autres questions, à la possibilité d’utiliser cette technologie pour enrichir notre communion, mettre en commun nos ressources et nos dons d’une manière plus ample en vue de joindre d’autres personnes auxquelles nous n’aurions pas accès d’une autre manière.

PCUSA (Eglise presbytérienne USA)

Utiles au service de l’Evangile

A peine la pandémie eut-elle commencé que notre pays se vit impliqué, avec des indices graves et alarmants, dans un réseau socio-sanitaire très important, et que nous parvinrent les solidarités de nos Eglises et organismes frères. Nous avons bien été accompagnés du monde entier, en particulier des pays européens dont les prières, les messages et la fraternité ont été d’une grande aide. Parmi les appuis reçus très rapidement on nous offrit, de la part de Luciano Kovacs, coordinateur pour le Moyen Orient et l’Europe de la Mission Mondiale Presbytérienne (PCUSA), la possibilité d’accéder à un fond pour pallier les effets de la Covid-19.

Le Fond d’urgence de l’Assistance Presbytérienne (PDA) est dirigé par la pasteure Dr. Laurie Kraus à qui nous avons fait part de notre projet et nous avons pu répondre aux besoins importants de notre Eglise. Notre proposition s’est orientée selon trois actions principales : le renforcement de l’œuvre sociale, l’attention aux personnes âgées et le travail pastoral. Cette occasion a une double signification : pour une part la communion des Eglises et des organisations au plan œcuménique, qui nous démontre une fois de plus que nous ne sommes pas seuls devant l’adversité et nous encourage à être près des autres ; pour une autre part la fraternité qui nous rend attentifs aux nécessités de nos sœurs et frères au-delà des distances et des frontières pour nous sentir unis dans le Corps du Christ. Il est encourageant de suivre notre travail de communion et de fraternité envers les autres situations où nous pouvons être utiles au service de l’Evangile. Cette dimension sociale n’est pas un appendice, mais se trouve au cœur de notre mission.

Egaux devant Dieu

I can’t breathe (je ne peux pas respirer)

L’assassinat de Georges Floyd a frappé les consciences aux USA et dans le monde. Des milliers de voix se sont élevées contre le racisme endémique que nous observons non seulement de l’autre côté de l’Atlantique, mais qui se propage autour du monde. En tant qu’Eglise nous avons toujours été impliqués dans la défense des Droits humains et nous avons lutté pour leur respect dans quelque territoire que ce soit, mais surtout en premier lieu dans notre pays. Ainsi lorsque nous entendons le cri de nos sœurs et frères « je ne peux pas respirer » nous nous unissons à lui, sachant que nous l’exprimons non seulement pour les autres mais aussi pour nous-mêmes.

Comme Eglise nous sommes impliqués dans la proclamation et le vécu de l’Evangile de la grâce qui nous rend toutes et tous égaux devant Dieu, d’où que nous soyons, indépendamment de notre couleur de peau, de nos convictions diverses en respectant la liberté de chacun. Nous nous reconnaissons comme sœurs et frères du même Dieu créateur, dont l’amour est égal à l’égard de tous et dont la Parole nous dit que nous sommes à son image, au bénéfice du même Esprit de vie. L’assassinat de Georges Floyd n’est pas le premier, ni le dernier. Les attaques racistes se poursuivent à travers le monde et également entre nous ; c’est pourquoi nous condamnons tout discours de haine qui désigne l’autre comme différent simplement parce qu’il n’est pas comme nous, qui le désigne comme coupable simplement pour être né dans un autre lieu de notre monde, pour avoir une autre couleur de peau et d’autres croyances.

Nous unissons nos cœurs au poème de Joana Raspall Podries : « Si tu étais né sur une autre terre, tu pourrais être blanc, tu pourrais être noir…Autre serait ta maison et tu dirais « oui » dans une autre langue ». Sur le chemin de la diffusion et de la mise en commun de l’Evangile de Dieu, nous réclamons que l’accueil, l’amour et la solidarité de Jésus se  manifestent pour toutes et tous et qu’avec lui nous suivions notre marche en vue de créer un monde où toutes et tous puissent vivre dans l’égalité que Dieu nous a donnée, afin que nous la reconnaissions les uns vis-à-vis des autres. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même » (Luc 10 :27).

L’Eglise en temps de pandémie

Dans le précédent bulletin d’information nous donnions une recompilation des enjeux que devaient assumer et dépasser les œuvres sociales de la IEE face à la pandémie de la Covid-19. Les Eglises ont vu leurs fonctionnements et leurs routines altérés à cause de la crise sanitaire ; nombreux ont été les complications et les défis auxquels les presbytères et les communautés ont été confrontés, bien que le récit de ce qui est survenu est plein d’espérance et de gratitude pour la façon dont les pasteurs, les membres et responsables des presbytères ont répondu à cette situation avec leurs engagements afin de continuer à faire Eglise quand tout semblait faire opposition. Ce qui est relaté est imprégné de gratitude pour Dieu qui nous a accompagnés et inspirés durant ce temps. 

Presbytère d’Andalousie

Un même corps

Si on peut retirer quelque chose de positif de cette calamité de la Covid-19 qui nous atteint avec cruauté, c’est d’avoir expérimenté d’une manière très spéciale notre « être Eglise ». Non seulement par ce que nous avons pu mettre en évidence que l’église n’est pas d’abord le bâtiment, mais les personnes qui la constitue ; non seulement parce que nous avons été conduits à introduire des innovations dans notre manière d’être au monde et d’annoncer l’Evangile à travers les réseaux sociaux, pour atteindre des personnes qui, sans cela, n’auraient pas pris contact avec nous ; non seulement pour avoir su dépasser le défi de maintenir les activités d’Eglise en usant de nouvelles technologies et de nouvelles compétences ; non seulement parce que nos pasteurs-es ont amplifié et diversifié leurs engagements pour demeurer proches de tous, en maintenant l’attention pastorale ; mais aussi parce que tous les membres ont renouvelé et intensifié leur engagement pour l’édification de l’Eglise, apportant leurs dons et leurs capacités. Mais, fondamentalement, parce que nous nous sommes sentis encore plus faire partie d’un même corps, en pensant à celles et ceux qui sont préoccupés, pleurant avec ceux qui pleurent, exprimant la joie avec ceux qui sont joyeux (Romains 12 : 15), nous sentant, à tout moment, proches les uns des autres, unis au Seigneur de l’Eglise dont les promesses ne cessent de nous porter.

Luis Pelegrin, président du Presbytère d’Andalousie

Presbytère du Levant

Surmonter les moments d’épreuve

Arrive le mois de février et les trois congrégations du Presbytère se disposent à organiser les assemblées annuelles ordinaires. Et nous l’avons fait ! A partir de là un choc général nous envahit ; des appels par ci et par là ; des questions de tous à tous : « Comment allons-nous faire ? » Nous entrons dans la crise sanitaire, avec le confinement et les interdictions de sorties et de réunions. « Dimanche sans culte ! », « Semaine Sainte sans pouvoir célébrer ! ». Qu’est-ce qui nous arrive ?

Nous étions tous, pasteurs-es, conseil d’églises, membres des communautés, dans un climat déconcertant. Et nous voyions cela pour un certain temps ! En regardant en arrière aujourd’hui, nous mettons davantage en valeur les paroles de Jésus : « Gens de peu de foi, pourquoi doutez-vous ? » (Matthieu 14 :31).

La réaction de toutes et tous dans les Eglises fut unanime, avec une crainte face à la nouveauté d’un phénomène inconnu ; nous nous sommes mis à travailler et à dépasser ces moments d’épreuve. Nous enregistrions les cultes de la Semaine Sainte et de Pâques, ainsi que des autres dimanches, jusqu’au dimanche de Pentecôte. Et nous célébrâmes la Sainte Cène ! de manière virtuelle et transmise au travers des réseaux, des plateformes sociales et autres canaux d’internet.

Ce qui semblait impossible, nous l’avons fait ! Nous avons expérimenté une nouvelle forme de communauté, une Eglise unie face à une difficulté inédite, et une nouvelle forme de célébration cultuelle. Nous avons découvert une autre manière de nous relier les uns aux autres, y compris avec des frères plus anciens. L’Eglise poursuit son chemin et son témoignage de foi et d’espérance là où Dieu a voulu que nous soyons.

David Manzanas, président du Presbytère du Levant

Presbytère d’Aragon, Estrémadure et Madrid

Avec la conduite du Seigneur

Supporter comme on peut, maintenir la vie des communautés, voir comment faire face sans ressources financières. C’étaient notre crainte et nos préoccupations. Nous avons dû affronter cette maladie, la solitude et la mort. Notre devise était : « Nous ne fermons pas les églises, nous fermons les lieux de cultes et nous ouvrons de nombreux lieux de cultes particuliers et familiaux ».

Au cours de trois mois, nous pouvons seulement dire que le Seigneur nous a conduits, aidés et bénis. Il est certain que dans certaines communautés la pandémie a affecté de nombreux membres ; il y a eu des décès. Nos pasteurs-es ont exécuté un travail remarquable pour maintenir nos communautés « en communion », via WhatsApp, le téléphone, le courrier électronique, les pages WEB, You Tube, etc. Le travail social a augmenté grâce l’implication de nombreux volontaires au point de devenir un foyer très important de témoignage.

Nous avons constaté que nos membres sont pourvus d’un sens de l’engagement pour notre Eglise, qui va bien au-delà des activités dominicales, démontrant que nous sommes en mesure de prendre soin les uns  des autres malgré la distanciation sociale.  Et maintenant nous  allons petit à petit vers la réouverture de nos églises, nous rendons grâces à Dieu pour son aide et de ce qu’il nous a fait croître comme Eglise dans ce temps tellement spécial.

Joaquin Garcia, président du Presbytère d’Aragon, Estrémadure, Madrid

Presbytère de l’Eglise Evangélique de Catalogne

Apporter le message de l’Evangile au-delà de nos murs

Nous avons dû suspendre l’Assemblée annuelle de l’Eglise de Catalogne, prévue le 14 mars 2020. Les informations que nous recevions de la Covid-19 empiraient chaque jour. Contraints de supprimer nos activités dominicales, nous n’avons eu qu’un temps restreint pour préparer des alternatives en vue de célébrer nos cultes. Mais en une semaine nous étions tous en marche et immergés dans de nouvelles formes d’expression pour « être Eglise ».

Chaque communauté, selon ses possibilités et ses besoins, explorant des outils qui étaient dans nos mains depuis des années, mais que nous n’avions pas vraiment exploités, a permis que l’on continue à se rencontrer par le biais de ce que d’aucuns appellent le « monde virtuel », bien qu’il fasse partie de notre réel. Ainsi nous avons célébré, proclamé, ri, pourquoi ne pas le dire, aussi pleurer lorsqu’il s’est agi de prendre congé de sœurs et frères décédés, qui avaient cheminé vers la maison du Père, où ils ont été accueillis dans la paix et la lumière. Ce sont là certainement les moments difficiles ; nous aurions aimé nous unir dans une étreinte avec ceux qui étaient là.

Mais nous étions vraiment unis, comme un corps, démontrant que notre unité se soutient en notre Seigneur Jésus-Christ et que le Saint-Esprit nous donne témoignage de cela. Nous avons traversé des moments de tension, c’est vrai, spécialement concernant les finances, qui sont toujours une question à risque, mais nous devons rendre grâces à Dieu pour le sentiment de responsabilité de tous nos membres, pour leurs efforts et leur générosité. Mais surtout nous avons appris à porter le message de l’Evangile  au-delà des murs de nos temples, aux grands comme aux petits, à toutes les nations, de différentes formes et de diverses langues, selon la grâce de Dieu aux formes multiples. Nous sommes désireux de nous réunir à nouveau, mais nous savons que rien ne redeviendra comme avant, et que tout ne sera pas pire. Je suis convaincu que sur ce chemin le Seigneur nous accompagne et qu’à l’aube nous récolterons des chants d’allégresse.

Pasteur Jonathan Navarro, vice-président du Presbytère de Catalogne

Presbytère de Minorque

Même sans temple il y a Eglise

La pandémie qui nous touche est arrivée soudainement et sans prévenir, ce qui a impliqué une multitude de changements dans la vie du Presbytère de Minorque. Nous fûmes la première église à fermer, car un membre de notre communauté avait été détecté positif au virus. C’est ainsi que le 8 mars nous suspendîmes toutes les activités de l’Eglise, excepté la distribution de produits alimentaires.

La préoccupation tant pour la situation au plan mondial qu’au plan local a été présente jour après jour, pour les malades, les familles, le personnel soignant, etc. Nous avons prié depuis les différents lieux. Le fait de ne pas pouvoir nous voir, nous rencontrer, nous réunir, a été le plus difficile à supporter ; rapidement tout contact s’est opéré par téléphone ou par courrier électronique. Quant à ce qui est positif et que nous appris, c’est que même sans temple il y a Eglise ; les membres sont restés en contact, y compris davantage qu’avant ; le souci et l’attention les uns aux autres a augmenté significativement.

Nous avons appris à enregistrer et éditer les cultes, sans préparation préalable aucune. En la matière les jeunes ont été une pièce maîtresse pour leur maîtrise des réseaux sociaux. Cela a permis à de nombreuses personnes, où qu’elles se trouvent, de visionner les cultes. Voilà ce qui a été notre vivre ensemble, jusqu’au jour présent, espérant avec anxiété la réouverture du lieu de culte pour le dimanche 12 juin.

Pasteur Josué Sintes, président du Presbytère de Minorque.

Casa Mamré

Un nouveau projet

Casa Mamré ouvrira de nouveau ses portes dès le mois de juin 2020. Une nouvelle étape commence donc ainsi dans ce lieu emblématique, aimé de beaucoup d’entre nous. La Maison poursuivra son service habituel d’accueil, tant au plan des pèlerins que des groupes en général, et simultanément se mettront en route de nouveaux projets destinés aux jeunes, tant au plan national qu’international, où des échanges multiculturels seront proposés, ainsi que l’apprentissage d’une nouvelle langue. En même temps, c’est notre désir de continuer à renforcer et à appuyer le témoignage chrétien au sein de la population de Jaca.

Gloria Perez Viedma

Centre œcuménique « Los Rubios »

Faire confiance au retour vers la normalité

Nous avons en commun le fait que l’état d’urgence nous a tous surpris dans le travail de gestion et dans la préparation concernant les réservations jusqu’à la fin de l’année, occupation qui s’annonçait supérieure à 2019. Les réservations de groupes de formation et des missionnaires ayant prévu un temps de repos, des groupes d’aînés désirant faire une retraite, d’Allemagne et d’Amérique ont été annulées. L’acquis du travail des années antérieures a été congelé. Nous avons maintenu les contacts avec les responsables des différents groupes concernés qui, malgré la suspension des réservations, ont été disposés à nous donner une compensation financière pour compenser ces annulations.

Mais nous considérons qu’en ce temps particulier pour le Centre, il est important de consolider le travail réalisé, compte tenu de la particularité de notre Centre, en vue de passer des jours tranquilles, gagnant en réputation, car nous avons renvoyé aux expéditeurs les cautions qu’ils avaient envoyées. Dans leur grande majorité, les réservations ont été reportées pour 2021. Après les quinze premiers jours de la situation d’urgence, afin de voir comment se dérouleraient les événements, nous décidâmes de présenter une demande pour cause de force majeure, qui nous a été accordée. Les contrats prévus ont été différés ; les contrats d’approvisionnement ont été baissés au minimum, tout cela pour réduire les coûts et assumer le nécessaire jusqu’au moment où nous pourrons revenir à la normalité.

Malgré l’incertitude, nous voulons être confiants compte tenu des réponses obtenues pour le futur. Nous poursuivons nos accueils ponctuels dans nos chambres pour des femmes en transit, de la rue aux lieux de refuge, afin que lorsqu’elles décident de sortir, leur déplacement ne soit pas stoppé et qu’elles puissent se rendre dans leurs nouveaux foyers. Ce ministère est dirigé par PAPILIO, qui a réparti l’aide alimentaire aux domiciles de ces femmes, lesquelles étaient également confinées. Nous maintenons la gestion du Centre avec beaucoup de confiance en vue d’un retour à la normalité, le plus tôt possible, en préparant toutes les mesures de prévention que les autorités recommandent.

Pasteur José Manuel Mochon, directeur du Centre

Faculté de théologie (SEUT)

La Faculté (SEUT) offrant les études online n’a pas été affectée dans son calendrier académique par le confinement dû à la Covid-19, concernant les cours permettant l’accession aux différents diplômes en théologie. Tant les étudiants que les professeurs ont pu poursuivre leurs cours. Cependant, si d’autres activités de la Faculté ont été affectées, comme les ateliers courts qui étaient programmés tant à Madrid qu’à Malaga, ainsi que l’événement annuel « Aula abierta », toutes ces activités seront menées à terme pour d’autres dates.

Également la conférence annuelle de la Fondation Federico Fliedner, organisée par « Science et Foi », a été annulée pour cet automne, dans l’espoir de pouvoir la mettre en place pour l’année prochaine. Il faut ajouter que certains professeurs de la Faculté sont tombés malades ; nous rendons grâces à Dieu de ce qu’ils ont bien récupéré et poursuivent leur travail. Un autre aspect qui nous a touchés en tant que Faculté a été de devoir sortir de nos locaux de Bravo Murillo et d’effectuer tout le travail par le moyen du télétravail.  Malgré tout, les cours du programme de théologie se poursuivent. La motivation en vue de poursuivre le travail en développant les fonctions de la Faculté reste bonne pour aller de l’avant. La période d’immatriculation de juin et juillet est ouverte et nous espérons compter sur de nouveaux élèves.

Signalons que pour le prochain semestre nous avons engagé deux nouveaux professeurs à la Faculté, la doctoresse Corinne Lanoir, également professeur d’hébreu et d’Ancien Testament à l’Institut protestant de France (Paris), et le docteur Victor Hernandez Ramirez, pasteur de la IEE à Barcelone. Nous mettons en évidence qu’en cette période nous sommes en train d’initier une nouvelle étape en organisant des cours online qui permettront de diversifier l’offre de formation à la Faculté et de continuer de rapprocher des Eglises pour offrir une formation théologique variée et d’avant-garde.

Nous sommes en train d’adapter les ateliers théologiques afin qu’ils soient diffusés online afin que l’on puisse les utiliser individuellement. De la même manière, nous sommes en train d’élaborer un cours du Centre « Science et Foi » dont le titre est : « Merveilles de la création ». En plus, une autre série de cours à thèmes variés, dans les domaines biblique, théologique, éthique, écologique, etc., seront donnés par des professeurs invités.

Enfin, nous sommes en train de travailler sur des cours « d’Auteur », à partir de textes de théologie et de nouveautés éditoriales, dispensés par les propres auteurs. Parmi ceux-ci, deux sont sur le point de prendre forme, l’un du Dr. J.-J. Tamayo-Acosta, avec son texte « Théologies du Sud », le cycle décolonisateur, l’autre du Maître Léopoldo Cervantes-Ortiz, avec son texte « Un Calvin latino-américain pour le XXIe siècle ». Nous sommes désireux de lancer dès que possible ces cours, avec l’espoir qu’ils soient une aide et une stimulation pour la réflexion théologique, le témoignage et la mission de l’Eglise.

Pasteur Dr. Israel Flores, doyen du SEUT