Pro Hispania
Association Suisse des Églises Protestantes

Le libre examen. La liberté de conscience

Source: IEE, Alfredo Aabad, octobre 2014

C’est pour que nous soyons vraiment libres que Christ nous a libérés (Galates 5: 1)

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Manuel Carrasco, qui fut pasteur à Malaga, écrivit en 1899 un traité de contestation face à une lettre pastorale de l’évêque de Malaga contre les protestants, avec le titre: Le libre examen. La liberté de conscience et le protestantisme revendiqués. Il s’agit d’un travail apologétique de 56 pages dans lequel l’auteur réagit face à l’écrit pastoral de l’évêque, développant un argumentaire sur la liberté de penser et de s’approcher de l’Ecriture:

“Il s’agit de deux príncipes diamétralement opposés, antithétiques: le príncipe d’une autorité infaillible, que vous prétendez vouloir personnifier dans un homme, et le príncipe du libre examen, de la liberté de penser et de se décider selon la conscience et la raison. La lutte entre ces deux príncipes est aussi vieille que la société au point qu’on ne peut pas la dater. Dans tous les temps il y a eu des hommes qui se sont manifestés, au nom de leur conscience, quand le príncipe religieux d’autorité voulait les asservir et, au prix de leur vie, ils ont réclamé la liberté pour suivre ce que leur conscience leur dictait.”

L’argumentation, biblique, historique et philosophique, aborde la différence entre deux institutions et réclame la liberté d’examen comme une part de la nature humaine depuis l’enfance. Ce n’est pas l’objet de ces quelques lignes d’examiner tout le traité, bien que sa lecture soit bien recommandable, mais plutôt de rappeler les luttes historiques de nos prédécesseurs en faveur des libertés.

Une des marques d’identité des pasteurs qui ont prêché dans nos temples, et des membres qui ont formé la communauté d’Eglise, hommes et femmes, alors que l’on célèbre des temples centenaires, a été la défense des libertés. De nombreux écrits de nos ancêtres défendent, comme Manuel Carrasco, une liberté de penser différente face à l’absence de liberté religieuse ou contre l’asservissement. Plus tard se manifestèrent les luttes en faveur des réfugiés et des objecteurs de conscience, quand des organismes comme la Commission d’Aide au Réfugié, Amnesty International ou le Comité Anti-Apartheid, purent s’installer chez nous. Nous avons pu compter également avec les engagements de l’Alliance Protestante et de l’Oecuménisme dont les efforts n’ont pas été moindres en faveur de l’unité.

Aujourd’hui de nouvelles luttes nous mènent en tête de la défense des libertés, en particulier en relation avec l’homosexualité. Indépendemment de la diversité des positionnements sur la question, nous sommes de vigoureux défenseurs de la liberté de conscience, de la liberté d’exprimer et de vivre la spiritualité sans que la condition de la personne fasse barrage ou constitue un motif d’exclusion. Nous croyons que chaque personne est pleinement participante des bontés et des bénédictions de Dieu. Honorer notre passé et notre foi implique que nous poursuivions librement ce que nous dicte notre conscience contre les dogmatismes. Nous ne nous laissons pas assujettir par une quelconque autorité religieuse prétendument infaillible et nous continuons de faire appel, comme Manuel Carrasco et l’apôtre Paul, à la liberté.

Alfredo Aabad, pasteur de la IEE (Eglise Evangélique Réformée Espagnole), secrétaire exécutif de la « Comision Permanente » de la IEE.

Alfredo Aabad