Pro Hispania
Association Suisse des Églises Protestantes

La Fondation F. Fliedner et le 500ème anniversaire de la Réforme

Conférences et exposition autour du 500ème de la Réforme

Programme de la Fondation F. Fliedner

Nous offrons ici quelques brèves informations relatives aux conférences qui ont eu lieu

Madrid, El Porvenir, 14 janvier : « Accomplir la mission : entre la fidélité à la Réforme et la vocation œcuménique », Gilles Vidal

Quelle place les Réformateurs du 16ème  siècle donnèrent-ils à l’idée et à la pratique de la mission ? Pourquoi a-t-on attendu jusqu’à la fin du 18ème pour voir émerger une Mission protestante organisée ? Quelles évolutions peut-on constater dans le concept et dans la pratique de la mission depuis la Conférence internationale des Missions (Edimbourg 1910) jusqu’à l’Assemblée du Conseil Œcuménique des Eglises (COE) à Busan (Corée 2013) ?

Ces questions ont été abordées dans cette conférence, en faisant fréquemment référence à Luther et à Calvin, mais aussi aux textes du Conseil International des Missions ou du COE. Le propos de la conférence fut d’établir les lignes directrices du débat qui a suivi : l’évolution de la signification de la mission comme annonce de l’Evangile, service auprès du prochain et dialogue avec les autres religions.

Gilles Vidal est professeur à l’Institut Protestant de Théologie (Paris-Montpellier), co-directeur du Centre Maurice Leenhardt de recherche en missiologie.

Madrid, El Porvenir, 7 mars : « Généalogies avec homme et femme », Cristina de Pizan et Elfriede Fliedner », Mireia Vidal

On affirme souvent que le souvenir est la dernière chose que l’on perd. De là viennent son pouvoir et sa permanence dans le présent, parce qu’il n’est jamais innocent : qui se souvient, se souvient par quelque chose, pour quelque chose. C’est pourquoi remémorer la vie de « femmes exemplaires » a été et est une manière non seulement de rendre compte de l’histoire à partir d’une perspective particulière,  mais aussi une façon, que beaucoup de femmes ont utilisé pour parler d’elles-mêmes , de se comprendre et de se réaffirmer dans le présent. Car l’histoire est une, mais faite comme un tissage de beaucoup de mémoires ; elle ouvre un espace où nous nous approchons de la compréhension que des femmes comme Elfriede Fliedner ont voulu générer et transmettre en parlant de « femmes exemplaires ».

Mireia Vidal est professeure de théologie et d’Histoire de l’Eglise au SEUT (Faculté de Théologie Protestante de Madrid)

Université pontificale de Comillas, 30 mars, « Réforme religieuse et avènement de la science moderne ; mythe et réalité », John H. Brooke

La conférence a eu pour but de relever quelques aspects de la complexité de la relation entre science et religion à travers leurs interactions dans le passé. Les généralisations hâtives et caricaturales au sujet de cette relation, qu’elles soient formulées paisiblement ou dans le conflit, ne résistent tout simplement pas à une sérieuse investigation. Il n’existe pas « une » relation entre science et religion, mais ce que différents individus et communautés ont fait d’elle dans une pléthore de contextes différents. Non seulement sa problématique interrelationnelle s’est développée en changeant le temps, mais nous trouvons aussi un haut degré d’artificialité dans l’abstraction de la science et de la religion des siècles passés pour constater comment elles se sont mises en relations.

John H. Brooke est historien du rapport science-religion à l’Université d’Oxford

Madrid, El Porvenir, 29 avril, « Le monde de Luther était-il petit ? Cosmologie en 1517 et en 2017 : problèmes et mystères», Anne Marie Reijnen

Quelles étaient les limites physiques du monde de Luther et de ses contemporains en 1517? Sommes-nous intéressés par le monde compris de manière concrète (physique) et symbolique (métaphysique) ? Que pouvait-on savoir du cosmos à l’époque de Luther ? De la position de la Terre dans le système solaire ? De l’au-delà du ciel visible (entendu comme problème astronomique) ? Dans ce sens le monde de Luther était sensiblement plus petit que le nôtre. Le désir de connaître toujours plus, d’aller vers un monde toujours plus lointain, est universel. Selon beaucoup, la Réforme a donné une impulsion majeure au désir de la raison de comprendre le monde et le cosmos. Cependant, que cela soit certain ou pas, la raison butte sur les limites de l’entendement. Dans le monde il existe des problèmes que l’on peut résoudre et d’autres qui restent mystérieux : pourquoi la vie existe-t-elle sur Terre ? Est-il possible qu’elle existe aussi dans d’autres parties de l’Univers ? D’où vient la conscience ? Quand bien même notre espace intime et l’espace cosmique nous seraient  visibles, nous serions conduits à constater que notre monde et le monde de Luther sont petits.

Anne Marie Reijnen est professeure protestante de théologie à L’institut Catholique de Paris, présidente de l’Association Paul Tillich.

Madrid, El Porvenir, 16 octobre 2017, conférence de clôture, Leopoldo Cervantes Ortiz et Odair Pedroso Mateus

Le protestantisme en général est en croissance grâce à l’essor de la mouvance évangélique et pentecôtiste. Mais en même il se fragmente toujours plus, semblant s’éloigner de ses racines. Cette croissance fragmentée s’éloignant des racines est-elle viable ou peut-elle aller vers une disparition par fléchissement ? Les interlocuteurs maintiennent des perspectives distinctes sur le protestantisme et son futur. A travers leurs contributions ils débattront entre eux ainsi qu’avec le public à propos de ces perspectives.

Leopoldo Cervantes Ortiz est Pasteur presbytérien, médecin et théologien

Odair Pedroso Mateus est professeur de théologie œcuménique à l’Institut de Bossey (COE Suisse), directeur de la Commission Foi et Ordre du COE.

Exposition

L’exposition dans le cadre du programme des actes commémoratifs du 500ème de la Réforme est organisée par la Fondation F. Fliedner dans le dernier trimestre 2017, en collaboration avec « La Universitad Complutense de Madrid », intitulée : « 2017, redécouverte d’un trésor protestant ». Cette exposition est mise sur pied essentiellement avec le matériel répertorié dans les archives de la Fondation Fliedner. D’où le titre « Redécouverte… » (de ce qui a de la valeur et est inconnu) d’un « trésor » (qui fait partie de notre patrimoine culturel).

Comme objectif principal, nous voulons raconter en quoi consiste le domaine protestant de notre pays et donner à connaître sa contribution à l’histoire de l’éducation en Espagne. Tant le collège El Porvenir que le collège Juan de Valdès ont représenté, dans deux contextes historiques différents, une réponse éducative pédagogique alternative à l’éducation institutionnalisée qui trouve son origine au sein du protestantisme espagnol.  Nous voulons également montrer le travail d’alphabétisation de l’œuvre Fliedner, antérieure à la Fondation, à travers les écoles élémentaires (depuis le dernier tiers du 19ème siècle jusqu’en 1939) à Madrid et dans bien d’autres localités de notre géographie : Besullo (Asturies), Gijon, Valladolid, Camuñas (Toledo), Ibahernando, Miajadas et Santa Amalia (Extrémadure), Granada, etc.

Deux lignes narratives principales structurent l’exposition : 1. De manière historique et didactique, nous allons narrer les événements principaux autour de Luther (comme figure emblématique bien que n’étant pas unique) et de la Réforme, ainsi que les principales conséquences qui en ont résulté dans les pays dénommés « protestants ». 2. Nous expliquerons et décrirons, à partir de la perspective et du contexte de notre pays, comment a vécu la minorité protestante espagnole et quels ont été ses apports à la société espagnole en général, et dans l’éducation en particulier. Cette exposition n’est pas seulement destinée à la Communauté protestante, mais à l’ensemble de la société ; son intérêt est général et peut attirer l’attention de quiconque la visite. D’une manière plus spéciale nous voulons relever le cadre éducatif (autres collèges, Facultés, institutions culturelles et solidaires, etc.), incluant surtout ceux qui donnent vie à la Fondation Fliedner : nos élèves et leurs familles, les amis, connaissances, les étudiants, les collaborateurs et les professeurs.

L’occasion est unique pour donner à connaître encore mieux ce que représente la Fondation, qui fut et demeure un témoin et un protagoniste de l’Histoire d’Espagne depuis le 19ème siècle jusqu’à aujourd’hui. Cette exposition aura lieu dans la Salle des Expositions de la Bibliothèque historique « Marquis de Valdecilla », au centre de Madrid (Calle Noviciado 1). La publication d’un catalogue de l’Exposition comprendra : une introduction historique de la Réforme protestante au 16ème siècle ainsi qu’une présentation de la Seconde Réforme Espagnole du 19ème siècle, une étude de la situation socio-éducative de 1870 (arrivée de Federico Fliedner en Espagne, fondateur d’El Porvenir) à 1963 (fondation du Collège Juan de Valdés) avec l’apport du protestantisme espagnol à l’Education de notre pays, des graphiques et des schémas y relatifs.