Pro Hispania
Association Suisse des Églises Protestantes

Unité et Union, Isabel Roura

Unité et union. Watch Passengers (2016)

Unité et union : ces deux termes font-ils référence à la même réalité ? Ils pourraient être interchangeables, mais cependant pas toujours. J’aimerais les considérer quand ils le sont, dans une approche qui se veut rigoureuse des paroles de Jésus lorsqu’il est en prière face à son Père : « Père, que tous soient un…comme toi et moi sommes un, afin que le monde croie que tu m’as envoyé ». Unité et union dans l’amour.

Dans l’Evangile de Jean 10 : 30, nous le voyons bien : « Moi et le Père sommes un», dit Jésus. Paul développe dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 12, l’unité des chrétiens avec le Christ, respectivement corps et tête de l’Eglise. Les divers membres du corps sont interdépendants et nécessaires. C’est ainsi que nous pouvons comprendre l’unité qui se donne à vivre dans l’Eglise, qui ne vient pas de nous-mêmes mais qui nous est donnée. Tout est grâce.

Unité, oui. Union, oui. Mais diversité également. C’est la diversité qui mis à mal l’union, et qui nous a désunis. Elle nous a confrontés et mis en situation conflictuelle ; disons-le sans ambages. Disqualifications, excommunications, persécutions, jusqu’à faire couler le sang. Voilà notre péché. Qu’est-ce qui le justifie ? La diversité est une constante dans la nature ; c’est sa richesse ; elle lui est consubstantielle. Nous la remarquons en toutes choses : dans le monde minéral, végétal, animal, et humain d’autant plus, tant dans l’individu que dans la société.

Qui peut nier cette légitimité ? Qui peut la supprimer ? Si c’est ainsi que l’on veut faire, alors on voit quelles en sont les conséquences dans l’histoire et non pas seulement au sein des religions : rapidement apparaissent les oppressions, les luttes fratricides, les racismes, les génocides…

Où en sommes-nous ? Est-ce que l’Eglise ne serait pas diversifiée ? Est-ce qu’elle ne donne pas constamment témoignage de sa fidélité et de sa sainteté dans sa diversité ? Qui peut la juger ? Qui peut avoir cette prétention ? Il est grand temps que nous cessions de parler d’unité et que nous nous consacrions à la recherche de l’union dans la diversité. 
Créer des ponts, laisser tomber les excommunications, nous rapprocher les uns des autres en reconnaissant nos offenses, en partageant le pardon auquel nous faisons si souvent référence dans la prière du Notre Père. Un faux discours sur l’unité occulte l’authentique enjeu de la question. Si nous ne l’abandonnons pas, serait-ce par sécheresse ou dureté de cœur ?

Isabel Roura